mardi 3 décembre 2019

MAIS QU'EST-CE-QUE FAIRE SON DEUIL ?


On parle de deuil, de faire son deuil mais au juste, qu'est-ce que c'est ?
Je n'aime pas cette expression "faire son deuil". On pense que c'est impératif et qu'on a un problème si on n'arrive pas à faire son deuil. Je préfère "vivre un deuil" car au final chacun le vit comme il peut et se débrouille à sa manière.
Quand tu perds quelqu'un, on te dit qu'il faut du temps pour oublier. Mais quand tu ne veux pas oublier justement...
Pour ma part, j'aurai tendance à dire qu'il faut du temps pour que s'allège un peu la douleur de la perte de l'être aimé. Faire son deuil revient à accepter de continuer à vivre sans la présence de l'être aimé. Accepter signifie donc mener une action volontaire. On souffre, on souffre et puis un jour on n'en peut plus de souffrir alors oui, on se dit qu'on doit faire avec, faire sans plutôt, car c'est bien là la difficulté ; vivre avec un morceau de nous qui n'est plus là. Accepter qu'il ne soit plus prés de nous, accepter que nous ne le verrons pas vieillir comme on ce l'était imaginé. Accepter, c'est déposer les armes et baisser les bras devant la souffrance. Il faut vouloir qu'elle s'en aille cette souffrance qui nous dévore au quotidien et qu'elle ne nous ronge plus. Mais surtout accepter ce n'est pas pour autant oublier, c'est ne garder que le meilleur de la personne, c'est finir par en parler avec un sourire aux lèvres, c'est continuer de la faire vivre un peu parmi nous.





jeudi 24 octobre 2019

QUELQUES VERSETS


Aujourd'hui je vous propose quelques versets de la Bible qui m'ont réconforté quand la douleur était trop lourde…


                             




Psaume 31:10 − Aie pitié de moi, Eternel ! car je suis dans la détresse; J’ai le visage, l’âme et le corps usés par le chagrin.
Psaume 34:19 - L'Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement.
Psaume 147:3 − Il guérit ceux qui ont le coeur brisé, Et il panse leurs blessures.
Psaume 46:2 − Dieu est pour nous un refuge et un appui, Un secours qui ne manque jamais dans la détresse.
Psaume 30:6 – Le soir arrivent les pleurs, Et le matin l’allégresse !
Jean 16:33 − Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.
Proverbes 3:6 − Reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers.
1 Thessaloniciens 4:13 − Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance.
2 Thessaloniciens 2:16,17  − Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, et Dieu notre Père, qui nous a aimés, et qui nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, consolent vos coeurs, et vous affermissent en toute bonne oeuvre et en toute bonne parole !
Esaïe 49:13 – […] Car l’Eternel console son peuple, Il a pitié de ses malheureux.
Jérémie 31:13 – […] Je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai; Je leur donnerai de la joie après leurs chagrins.
2 Corinthiens 1 :3,4 − Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction !
Ecclésiaste 3:1-4 − Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté; un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;  un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser.
Psaume 25:16-18 − Regarde-moi et aie pitié de moi, Car je suis abandonné et malheureux. Les angoisses de mon coeur augmentent ; Tire-moi de ma détresse. Vois ma misère et ma peine, Et pardonne tous mes péchés.
Psaume 23:4 − Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Jean 14:1-3 − Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.
Exode 3:7 − L’Eternel dit : J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, et j’ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs.
1 Samuel 1:15-17 − Anne répondit : Non, mon seigneur, je suis une femme qui souffre en son coeur, et je n’ai bu ni vin ni boisson enivrante; mais je répandais mon âme devant l’Eternel. Ne prends pas ta servante pour une femme pervertie, car c’est l’excès de ma douleur et de mon chagrin qui m’a fait parler jusqu’à présent. Eli reprit la parole, et dit : Va en paix, et que le Dieu d’Israël exauce la prière que tu lui as adressée !
Psaume 22:25 − Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, Et il ne lui cache point sa face; Mais il l’écoute quand il crie à lui.



mardi 6 novembre 2018

7 NOVEMBRE - 10 ANS ! ET DIEU DANS TOUT CA ?!


Éloignée de Dieu à l'époque où est survenue l'épreuve de la perte de mon bébé, j'ai nourri la révolte et la rébellion envers Lui. Les années ont passé, je me suis débattue comme j'ai pu, seule. La traversée a été désastreuse.
Durant ma jeunesse, je m'étais délibérément éloignée de Dieu car j'estimais pouvoir faire ma vie sans Lui et me gérer comme une grande. Quelle perte de temps !
Il m'a fallu plus de 7 années, après la perte de ma fille, pour que je réalise que tout ce que je croyais, tout ce que j'avais bâti, était une erreur monumentale.
Auparavant, je voyais Dieu comme un dogme moralisateur, un super-être inaccessible. Je n'avais pas expérimenté son Amour Inconditionnel qu'il m'offrait gratuitement.
Je n'expliquerai pas ici les expériences qui ont changé mon rapport au Seigneur, ce n'est pas le lieu, néanmoins, c'est ce changement dans ma vie qui m'a permis de vivre ma souffrance différemment dans cette épreuve du deuil. Dieu a soulagé ma douleur, Il a commencé à panser mon cœur quand je l'ai laissé faire. Il a fait envoler ma rage, ma colère, mon amertume et a réconforté mon âme.
J'ai tant résisté, tant pleuré à vouloir Le tenir éloigné de moi. Je Lui en voulais alors qu'Il n'est pas responsable de mon malheur. Je Lui en voulais de ne pas être intervenu dans cette salle d'accouchement mais j'étais injuste. Avais-je le droit de Lui demander quoi que ce soit, moi qui ne voulais pas de Lui dans ma vie ? Dieu ne force pas les hommes. Nous, les humains, sommes bien vite enclin à l'accuser de nos maux alors que nous ne voulons même pas de Lui dans nos vies. Ne sommes-nous pas hypocrites de crier à Lui quand nous souffrons alors que le reste du temps, nous l'avons laissé à la porte de notre cœur. Dieu ne se réjouit pas de notre malheur, au contraire, Il pleure avec nous. Et quand, enfin nous acceptons d'ouvrir notre cœur à sa Grandeur alors Il opère des miracles en nous. 
Je n'aurai JAMAIS imaginé sortir de l'état dans lequel je me trouvais il y a encore peu de temps. Le simple fait de tenir Sa main change TOUT !
Alors, le message que j'ai envie de faire passer à tout ceux qui se trouvent dans cette situation c'est : « Ne perdez pas votre temps à résister ! Ne perdez pas toutes ces années à vivre dans la douleur et la solitude alors que Dieu vous tend la main !  Ne perdez pas le temps que j'ai perdu à ne pas lâcher-prise. Acceptez la nouvelle vie qui s'ouvre à vous ! »





mercredi 12 septembre 2018

A COEUR OUVERT...

Voici plus d'une année que mon livre Résilience est sorti. Je m'arrête un peu pour faire le constat de ce que cette année a apporté. J'avais écrit mon témoignage personnel dans l'espoir de faire bouger un peu les choses et secouer les mentalités sur le deuil périnatal. Il y a eu des rencontres, des réunions, des débats, des évènements qui ont permis de parler de ce si douloureux sujet. Mais au final, je me suis aperçue qu'en dehors des personnes ayant vécu le même drame, "les autres" ne comprennent pas notre vie. Il en ressort lors de mes échanges avec les "paranges" les mêmes émotions, les mêmes ressentis, les mêmes questions, les mêmes douleurs.... La vie n'est plus la même et on en cherche encore un sens. Bref, on se comprend et on se sent toujours autant décalé du reste du monde.
Pour ceux qui on eu la chance de ne pas vivre une telle épreuve, il y a certes, une rapide compassion, une frêle émotion, mais sans comprendre plus que cela la profondeur de la blessure que cela nous a crée. Et c'est tout à fait normal de ne pas se ressentir toute la profondeur d'une telle épreuve quand on ne l'a pas vécu soi-même. C'est comme parler de sa maladie grave avec quelqu'un qui a la santé, ou être confronté à quelqu'un qui a tout perdu et qui a fini dans la rue alors que nous-même nous ne manquons de rien.
Quelque part, tant mieux pour toutes ces personnes de ne pas ressentir et comprendre notre douleur - je ne souhaite cette épreuve à personne - mais au final, je me dis qu'il va être très difficile de changer les mentalités et effacer le tabou.

Aujourd'hui, pour moi, la tendance est plutôt à baisser les bras et me dire que le monde continue de tourner tel qu'on le connaît. A part être présent et avoir une parole appropriée quand notre chemin croise celui d'un parent récemment endeuillé, on ne peut rien. Les associations militent pour une meilleure compréhension des choses et propose une assistance à tous ces parents malheureux mais en réalité, rien ne bouge encore vraiment. Chacun se débat comme il peut avec ce que la vie lui a donné…

Parallèlement à ce constat, je fais également le point sur ce que le temps a agit sur moi, sur mon couple, sur ma famille depuis ces 10 dernières années. Le temps est long quand on souffre, néanmoins le temps est un peu comme un baume que l'on étale doucement et lentement sur notre cœur. Toutes ces années passées depuis la perte de notre fille a permis de lui faire toute sa place dans notre famille. Elle existe, de manière concrète dans notre quotidien. Bien-sûr, elle n'est pas avec nous physiquement mais toutes les occasions de la vie nous la place parmi nous. Nos enfants ne cessent de la faire vivre. Pour eux, il n'est pas question de dire que nous sommes 4 dans la famille. Ils nous reprennent sévèrement en s'exclamant :
"Mais non, tu sais bien que nous sommes 5 avec Lily !"
Impossible de l'oublier notre poupée ! Je me laisse parfois rêver à ce qu'elle serait aujourd'hui. Elle prendrait bientôt 10 ans, elle fréquenterait la classe du CM2, elle aurait sûrement de longs cheveux blonds, comme ces frère et sœur. Bref, autant de pensées toujours présentes au quotidien. Regarder les photos de sa jolie frimousse nous fait esquisser un léger sourire au lieu des précédents sanglots d'avant.

Oui c'est vrai le temps fait son œuvre mais il faut le vouloir. Il faut se battre tous les jours pour vouloir sortir de cette douleur et regarder la vie différemment. Il faut se donner les moyens de sourire à nouveau pour les autres, pour ses enfants bien vivants et surtout pour soi !









jeudi 9 novembre 2017

MA BIBLIOTHÈQUE 3 : "Philippe" de Camille Laurens


Petit partage du livre Philippe, écrit par Camille Laurens de son vrai nom Laurence Ruel.
Ce récit autobiographique dépeint le drame dont elle et son mari sont victimes lorsqu'ils perdent leur premier enfant en 1994. 
Son enfant, Philippe, n'a vécu que deux heures après sa naissance, à cause d'une série de négligences médicales dues à l'obstétricien.



Le livre est divisé en quatre parties, "Souffrir", "Comprendre", "Vivre" et "Ecrire". En dehors de sa douleur  racontée, l'auteur s'adresse aussi à ceux qui supposent que la perte d'un nouveau-né de deux heures est une sorte de fausse couche tardive qui ne peut occasionner autant de peine que la perte d'un enfant plus âgé. 

"Il y a ceux qui établissent une hiérarchie du malheur : le pire c'est quand même de perdre un enfant, un vrai, une fillette de sept ans ou un fils de vingt ans." - Extrait de Philippe -

Camille Laurens répond: «Peu importe l'âge auquel meurt un enfant: si le passé est court, demain est sans limites. Nous portons le deuil le plus noir, celui du possible. Tous les parents pleurent les mêmes larmes: ils ont des souvenirs d'avenir.»