Lors de la conférence sur l’enfant en deuil que j’ai
pu suivre en mars dernier, l’Association Réseau Vivre Son Deuil Grand Sud nous
a apporté un certain nombre d’informations sur l’enfant lorsqu’il est confronté
à la mort.
Pendant longtemps, on disait à l’enfant :
« Tu ne peux pas comprendre, tu verras plus tard. »
Hors, il est essentiel d’expliquer dans des mots simples la réalité des événements. Il est donc indispensable de ne pas ignorer les questions des enfants car ils se construisent grâce aux réponses qu’on leur apporte. Chaque enfant se fait sa propre idée de la mort. Pour eux, il n’y a pas de conception d’éternité. La mort n’est pas universelle et éternelle. Beaucoup d’enfants pensent alors que la mort ne dure pas. C’est en cela qu’il ne souffre pas comme les adultes.
Hors, il est essentiel d’expliquer dans des mots simples la réalité des événements. Il est donc indispensable de ne pas ignorer les questions des enfants car ils se construisent grâce aux réponses qu’on leur apporte. Chaque enfant se fait sa propre idée de la mort. Pour eux, il n’y a pas de conception d’éternité. La mort n’est pas universelle et éternelle. Beaucoup d’enfants pensent alors que la mort ne dure pas. C’est en cela qu’il ne souffre pas comme les adultes.
La conception de la mort varie selon l’âge de
l’enfant et son milieu familial :
· Chez
le bébé ; il n’a pas de compréhension émotionnelle ce qui ne l’empêche pas
de ressentir l’absence physique de la personne décédée. Cela peut briser sa
construction classique. Il est affecté inconsciemment. Il peut ressentir comme
un abandon. Il est donc indispensable de lui trouver une substitution affective
pour le rassurer.
· Chez
l’enfant de 3 à 6 ans ; l’enfant pose ses premières questions. Il parle et
joue sur la mort. Il assimile la mort à un long sommeil (d’où certaines
angoisses nocturnes ou cauchemars). Comme son petit monde tourne autour de lui,
il peut s’accuser de la mort d’une personne. Encore une fois, il faut le
rassurer.
· Chez
l’enfant de 6 à 8 ans ; il commence à comprendre que la mort est
éternelle. Il connaît que la vie commence avec la naissance et s’arrête avec la
mort. L’enfant en deuil se sent différent des autres enfants. D’où l’apparition
d’un mal-être et de certains troubles du comportement.
· Chez
l’enfant de 8 à 12 ans ; le jeune veut moins en parler même s’il pose des
questions. « Y’a-t-il un Dieu ? » « Qui y a-t-il après la
mort ? » … Une peur de la mort peut parfois survenir. Alors
l’enfant se renferme, n’en parle plus, pour ne pas à avoir à l’affronter.
Les différentes expressions du chagrin chez
l’enfant :
La douleur peut ne pas se voir chez certains
enfants, tout comme certaines crises de larmes peuvent survenir, même plusieurs
mois après le décès.
Aussi, pour ne pas être un fardeau, l’enfant peut
chercher à se faire oublier. Il met en acte sa douleur plus qu’il ne la
verbalise. Cela peut se traduire comme :
- des
troubles du sommeil
- des
maux de ventre, de tête, la perte d’appétit
- l’apparition
d’une peur anxieuse (rester collé à ses parents par peur de la mort)
- des
troubles scolaires
- de
la régression (retour au biberon…)
- de
l’agressivité envers son entourage à une période même éloignée du décès
- des
morsures à lui-même, des scarifications, des tentatives de suicide…
Autant de signes qu’il faut surveiller pour pouvoir
apporter une aide à l’enfant.
Chez l’enfant, le travail de deuil évolue dans le
temps. Le deuil prend la place de la croissance normale de l’enfant. Il se
fatigue à faire son deuil au lieu d’utiliser son énergie à grandir. Le deuil
chez l’enfant se montre davantage de manière physique que psychique. Alors que
l’adulte montre sa peine en en parlant, l’enfant lui, la montrera en
régressant, en intériorisant ses émotions.
Ce qui peut aider un enfant endeuillé :
· L’associer
aux rituels pour dire adieu à la personne décédée, ne surtout pas le mettre à
l’écart, ne pas le laisser seul. Ces rituels rendent la mort concrète et
irréversible aux yeux de l’enfant. Il assimilera donc mieux la situation.
· Garder
les objets souvenirs.
· Lui
parler naturellement et couramment de la mort du défunt, ne pas en faire un
secret.
· Le
rassurer en répondant à ses questions de manière simple, juste et vraie. Bien
choisir ses mots. Ne pas mentir à l’enfant dans l’idée de le préserver. Si
l’enfant s’aperçoit qu’on lui a menti, il perdra confiance en l’adulte.
· Ne
pas plaquer nos réactions d’adultes à celles qu’on attend l’enfant.
· Ecouter
l’enfant complètement. Ne pas répondre pour lui.
L’enfant doit tout autant qu’un adulte faire son
deuil sinon sa reconstruction s’en trouve stoppée. La phase de reconstruction
s’amorce progressivement mais si son deuil n’a pas été correctement fait, il
peut rechuter avec un nouveau décès alors qu’il a atteint l’âge adulte.
"Cela arrive souvent... de s'inventer des maladies après un deuil. C'est la façon de se sentir moins seul. On se dédouble, si vous voulez. On se soigne comme si on était un autre. On est de nouveau deux : celui qui je suis et celui que je soigne."
La fée
carabine - Daniel Pennac
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