mardi 6 novembre 2018

7 NOVEMBRE - 10 ANS ! ET DIEU DANS TOUT CA ?!


Éloignée de Dieu à l'époque où est survenue l'épreuve de la perte de mon bébé, j'ai nourri la révolte et la rébellion envers Lui. Les années ont passé, je me suis débattue comme j'ai pu, seule. La traversée a été désastreuse.
Durant ma jeunesse, je m'étais délibérément éloignée de Dieu car j'estimais pouvoir faire ma vie sans Lui et me gérer comme une grande. Quelle perte de temps !
Il m'a fallu plus de 7 années, après la perte de ma fille, pour que je réalise que tout ce que je croyais, tout ce que j'avais bâti, était une erreur monumentale.
Auparavant, je voyais Dieu comme un dogme moralisateur, un super-être inaccessible. Je n'avais pas expérimenté son Amour Inconditionnel qu'il m'offrait gratuitement.
Je n'expliquerai pas ici les expériences qui ont changé mon rapport au Seigneur, ce n'est pas le lieu, néanmoins, c'est ce changement dans ma vie qui m'a permis de vivre ma souffrance différemment dans cette épreuve du deuil. Dieu a soulagé ma douleur, Il a commencé à panser mon cœur quand je l'ai laissé faire. Il a fait envoler ma rage, ma colère, mon amertume et a réconforté mon âme.
J'ai tant résisté, tant pleuré à vouloir Le tenir éloigné de moi. Je Lui en voulais alors qu'Il n'est pas responsable de mon malheur. Je Lui en voulais de ne pas être intervenu dans cette salle d'accouchement mais j'étais injuste. Avais-je le droit de Lui demander quoi que ce soit, moi qui ne voulais pas de Lui dans ma vie ? Dieu ne force pas les hommes. Nous, les humains, sommes bien vite enclin à l'accuser de nos maux alors que nous ne voulons même pas de Lui dans nos vies. Ne sommes-nous pas hypocrites de crier à Lui quand nous souffrons alors que le reste du temps, nous l'avons laissé à la porte de notre cœur. Dieu ne se réjouit pas de notre malheur, au contraire, Il pleure avec nous. Et quand, enfin nous acceptons d'ouvrir notre cœur à sa Grandeur alors Il opère des miracles en nous. 
Je n'aurai JAMAIS imaginé sortir de l'état dans lequel je me trouvais il y a encore peu de temps. Le simple fait de tenir Sa main change TOUT !
Alors, le message que j'ai envie de faire passer à tout ceux qui se trouvent dans cette situation c'est : « Ne perdez pas votre temps à résister ! Ne perdez pas toutes ces années à vivre dans la douleur et la solitude alors que Dieu vous tend la main !  Ne perdez pas le temps que j'ai perdu à ne pas lâcher-prise. Acceptez la nouvelle vie qui s'ouvre à vous ! »





mercredi 12 septembre 2018

A COEUR OUVERT...

Voici plus d'une année que mon livre Résilience est sorti. Je m'arrête un peu pour faire le constat de ce que cette année a apporté. J'avais écrit mon témoignage personnel dans l'espoir de faire bouger un peu les choses et secouer les mentalités sur le deuil périnatal. Il y a eu des rencontres, des réunions, des débats, des évènements qui ont permis de parler de ce si douloureux sujet. Mais au final, je me suis aperçue qu'en dehors des personnes ayant vécu le même drame, "les autres" ne comprennent pas notre vie. Il en ressort lors de mes échanges avec les "paranges" les mêmes émotions, les mêmes ressentis, les mêmes questions, les mêmes douleurs.... La vie n'est plus la même et on en cherche encore un sens. Bref, on se comprend et on se sent toujours autant décalé du reste du monde.
Pour ceux qui on eu la chance de ne pas vivre une telle épreuve, il y a certes, une rapide compassion, une frêle émotion, mais sans comprendre plus que cela la profondeur de la blessure que cela nous a crée. Et c'est tout à fait normal de ne pas se ressentir toute la profondeur d'une telle épreuve quand on ne l'a pas vécu soi-même. C'est comme parler de sa maladie grave avec quelqu'un qui a la santé, ou être confronté à quelqu'un qui a tout perdu et qui a fini dans la rue alors que nous-même nous ne manquons de rien.
Quelque part, tant mieux pour toutes ces personnes de ne pas ressentir et comprendre notre douleur - je ne souhaite cette épreuve à personne - mais au final, je me dis qu'il va être très difficile de changer les mentalités et effacer le tabou.

Aujourd'hui, pour moi, la tendance est plutôt à baisser les bras et me dire que le monde continue de tourner tel qu'on le connaît. A part être présent et avoir une parole appropriée quand notre chemin croise celui d'un parent récemment endeuillé, on ne peut rien. Les associations militent pour une meilleure compréhension des choses et propose une assistance à tous ces parents malheureux mais en réalité, rien ne bouge encore vraiment. Chacun se débat comme il peut avec ce que la vie lui a donné…

Parallèlement à ce constat, je fais également le point sur ce que le temps a agit sur moi, sur mon couple, sur ma famille depuis ces 10 dernières années. Le temps est long quand on souffre, néanmoins le temps est un peu comme un baume que l'on étale doucement et lentement sur notre cœur. Toutes ces années passées depuis la perte de notre fille a permis de lui faire toute sa place dans notre famille. Elle existe, de manière concrète dans notre quotidien. Bien-sûr, elle n'est pas avec nous physiquement mais toutes les occasions de la vie nous la place parmi nous. Nos enfants ne cessent de la faire vivre. Pour eux, il n'est pas question de dire que nous sommes 4 dans la famille. Ils nous reprennent sévèrement en s'exclamant :
"Mais non, tu sais bien que nous sommes 5 avec Lily !"
Impossible de l'oublier notre poupée ! Je me laisse parfois rêver à ce qu'elle serait aujourd'hui. Elle prendrait bientôt 10 ans, elle fréquenterait la classe du CM2, elle aurait sûrement de longs cheveux blonds, comme ces frère et sœur. Bref, autant de pensées toujours présentes au quotidien. Regarder les photos de sa jolie frimousse nous fait esquisser un léger sourire au lieu des précédents sanglots d'avant.

Oui c'est vrai le temps fait son œuvre mais il faut le vouloir. Il faut se battre tous les jours pour vouloir sortir de cette douleur et regarder la vie différemment. Il faut se donner les moyens de sourire à nouveau pour les autres, pour ses enfants bien vivants et surtout pour soi !