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mercredi 9 mars 2022

LA CONSOLATION

 

Albert Camus disait déjà : "Parler de ses peines, c'est déjà se consoler."


La consolation, le réconfort sont des termes se référant au confort, au soutien psychologique donné à quelqu'un qui a subi une perte grave et bouleversante comme celle d'un être cher par exemple. Ecouter la personne endeuillée pour qu'elle puisse livrer toute sa tristesse, tout son chagrin est essentiel. Mais la consolation ce n'est pas seulement parler avec cette personne endeuillée. On ne sait pas tous comment soutenir et surtout quoi dire dans ces difficiles moments. Il suffit parfois d'être simplement là, même dans le silence. Une main dans la main signifiant une présence réconforte, qui atténue un peu cette solitude de la douleur. Juste être là, bienveillant, les bras ouverts, ça peut être cela consoler.




Anne-Dauphine Julliand exprime : "La consolation est très délicate mais très simple. C'est l'autre qui s'approche de notre douleur, qui s'y confronte."

La souffrance génère de la solitude car la peine fait peur aux autres. Mais il faut comprendre que celui qui a besoin d'être réconforté doit se laisser faire. Etre consolé ce n'est pas ne plus souffrir mais c'est apprivoiser sa douleur, l'accueillir avec paix.


En grec "consoler" signifie "rendre entier" ; c'est effectivement rendre sa plénitude à celui qui est brisé, éclaté.




N'ayons pas peur d'aller vers celui qui souffre, même si c'est simplement pour être là, et n'ayons pas peur de nous laisser approcher par celui qui veut nous soutenir.




jeudi 16 décembre 2021

L'acceptation


L'acceptation est la clé pour réussir à avancer dans l'épreuve et la rendre moins douloureuse.


Marc Aurèle le résume : « Mon Dieu, donne-moi le courage d'accepter ce que je ne peux changer, la force de changer ce qui peut l'être, et la sagesse de dissocier l'un de l'autre. »





La résilience est le fait d'accepter ce qui ne peut être changé et qui arrive.


Parce qu'à partir du moment où on ne souhaite plus vouloir contrôler une situation et ainsi commencer à l'accepter, le plus gros du chemin est fait.

Ensuite, il ne nous reste qu'à nous ajuster aux changements et à avancer un pas à la fois, un jour après l'autre.


C'est à cette étape-là qu'on réalise que c'est beaucoup plus facile de marcher en acceptant le chemin sur lequel on est, que d'essayer d'avancer avec toute son énergie à contre-courant.



samedi 9 octobre 2021

15 OCTOBRE - JOURNEE MONDIALE DE SENSIBILISATION AU DEUIL PERINATAL : "NON, ON NE PASSE PAS A AUTRE CHOSE !!!"

- "Pourquoi tu pleures ?"

- "Elle me manque tellement !"

- "Quoi ? Tu y penses encore après toutes ces années ?!"

- "J'ai le coeur en miettes, comment veux-tu que je n'y pense plus."

- "Il faudrait que tu passes à autre choses maintenant !"


Dialogue typique que j'ai moi-même vécu par le passé. Parce-que les gens s'imaginent que le temps fait son œuvre, parce qu'on pense que guérir est une décision qui se prend un beau matin, parce que "passer à autre chose" nous ferait du bien.... 

NON, ON NE PASSE PAS A AUTRE CHOSE !!!

On apprend seulement à vivre sans son enfant. On apprend à faire une croix sur tous les projets que nous avions pour lui et avec lui. On imagine cruellement à quoi notre enfant ressemblerait après toutes ces années, quels seraient ses goûts, ses projets, ses allures d'enfant, d'ado, d'adulte...

On s'autorise à en parler quand on est au mieux de notre forme pour le faire "vivre" un peu.



En cette journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, il est encore plus d'actualité de ne plus cacher cette réalité qui concerne des milliers de familles en France chaque année. C'est aussi l'occasion de briser le silence que vivent ces familles endeuillées.

samedi 28 août 2021

Ma Bibliothèque 4 : "Changer l'eau des fleurs" de Valérie Perrin

Même si ce roman est une fiction, il vaut la peine d'en parler car son auteur a vraiment su mettre des mots justes sur le deuil et plus particulièrement la perte d'un enfant.

"Changer l'eau des fleurs" a été écrit par Valérie Perrin. Déjà l'auteur du livre tout aussi bon "Les oubliés du dimanche", elle a la faculté d'écrire les émotions d'une manière touchante. 




Résumé du livre : Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans la loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans un carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l'on croyait noires, se révèlent lumineuses.

Aborder le thème encore tabou de la mort et plus particulièrement du cimetière, Valérie Perrin nous fait découvrir ce lieu sous un regard nouveau ou justement la vie y est plus ce que jamais présente. Sa plume poétique et pleine d'humanité nous transporte dans un univers à couper le souffle. 


"J'ai refusé les achats et j'ai refusé d'aller à l'enterrement. Célia m'a dit que ce n'était pas possible. Que c'était impensable. J'ai répondu que si, c'était possible, que je n'irais pas à l'enterrement de ma fille en cendres. Qu'elle est déjà loin, ailleurs. Célia m'a dit "Pour faire ton deuil c'est indispensable, il faut que tu dises un dernier adieu à Léonine." J'ai répondu que non, je n'irais pas, que je voulais aller à Sormiou, dans les calanques. C'est là-bas que je te dirais au revoir. La mer me relierait à toi, une dernière fois. Je suis repartie avec Célia, dans sa voiture. Je ne me rappelle pas le voyage. J'étais dans les vapes, sous médicaments. Je ne dormais pas, je n'étais pas éveillée non plus. Je flottais dans une sorte de brume épaisse, un état second de cauchemar permanent où tous les sens sont anesthésiés, tout sauf la douleur. Comme ces gens qu'on immobilise pendant une opération mais qui ressentent tous les gestes du chirurgien. Le curseur du chagrin qui me broyait les os était poussé au maximum de l'insupportable. Respirer me faisait mal."

"Changer l'eau des fleurs", extrait du chapitre 43.


Je ne peux que vous conseiller ce livre plein de tendresse et d'émotion. Un cheminement tout au long d'une vie pour réussir à s'en sortir.







mardi 12 janvier 2021

Le Kintsukuroi ; l’art de réparer ses blessures émotionnelles


Le Kintsukuroi est un art japonais bien particulier. Il s'agit de réparer la porcelaine cassée en appliquant de l'or ou de l'argent sur les brisures. Au travers de cet art, il est né une philosophie consistant à donner de la valeur à ce qui a été brisé. Symbole de fragilité ou de malheur - comme dans le cas d'un deuil - ces fêlures, renforcées par ce métal précieux, deviennent alors sublimées voire même plus fortes.

Tout comme ce que nous devons affronter tout au long de notre vie, nous devons réussir à dépasser nos épreuves et mettre de l'or sur nos brisures pour arriver à avancer.

Ces "réparations" montrent notre force et notre volonté de vivre malgré tout. L'outil utilisé ici dans l'art du Kintsukuroi est la résilience, cette capacité à surmonter un drame ou une épreuve. Ne pouvant changer la situation il devient vital de se demander "qu'est-ce qu'on peut faire de cette tragédie ?"

Le psychologue et auteur Tomàs Navarro conseille de ne pas attendre de "toucher le fond" et ne surtout pas rester figé dans la douleur. Demander de l'aide, analyser sa situation, ne pas rester isolé dans sa douleur...

Il faut réussir à reconstruire sa vie malgré les blessures émotionnelles même si cela demande beaucoup de temps. Le but n'est pas d'effacer nos blessures mais de magnifier nos cicatrices qui vont profondément nous changer.



jeudi 22 octobre 2020

Loi sur le deuil périnatal ; quelles sont les nouvelles mesures en 2020 ?

La Journée Mondiale de Sensibilisation au Deuil Périnatal a eu lieu comme chaque année le 15 octobre dernier. L'occasion de revenir sur ce qui a changé cette année pour les familles endeuillées.

 Le 26 mai 2020 la loi n°2020-692 "visant à améliorer les droits des travailleurs et l'accompagnement des familles après le décès d'un enfant" a été adoptée à l'unanimité.

Les dispositions de cette loi sont applicables depuis le 1er juillet 2020 :

    - le droit à un congé de deuil de 8 jours, financé par la Sécurité Sociale, s'applique aux salariés du public, du privé, aux fonctionnaires, aux indépendants, aux non-salariés agricoles et aux demandeurs d'emploi

    - le droit à un congés employeur de 7 jours ouvrés

La principale mesure est donc l'allongement à 3 semaines du temps de "répit" suite au décès d'une enfant. 

Cette disposition permet donc une pause totale de 15 jours ouvrés (soit 3 semaines).


Ce congé est fractionnable tout au long de l'année suivant le décès.

La loi s'applique en cas de décès d'un enfant de moins de 25 ans.

A noter que la loi permet également le don de jours de congé entre salariés.


D'autres mesures permettent un meilleur accompagnement des parents ;


    - versement d'une allocation décès forfaitaire de 2000 € aux familles, sous conditions de ressources pour faire face aux frais funéraires,

    - prolongation de 3 mois des prestations familiales CAF en cours liées à l'enfant décédé,

    - maintien automatique pendant 12 mois des droits au titre du RSA et de la Prime d'Activité,

    - protection du salarié contre le licenciement dans un période de 13 semaines après le décès,

    - proposition de suivi psychologique pour les parents et la fratrie et pris en charge financièrement,

    - suppression du délai de carence pour le premier congé maladie pris dans les 13 semaines après le décès.






mardi 3 décembre 2019

MAIS QU'EST-CE-QUE FAIRE SON DEUIL ?


On parle de deuil, de faire son deuil mais au juste, qu'est-ce que c'est ?
Je n'aime pas cette expression "faire son deuil". On pense que c'est impératif et qu'on a un problème si on n'arrive pas à faire son deuil. Je préfère "vivre un deuil" car au final chacun le vit comme il peut et se débrouille à sa manière.
Quand tu perds quelqu'un, on te dit qu'il faut du temps pour oublier. Mais quand tu ne veux pas oublier justement...
Pour ma part, j'aurai tendance à dire qu'il faut du temps pour que s'allège un peu la douleur de la perte de l'être aimé. Faire son deuil revient à accepter de continuer à vivre sans la présence de l'être aimé. Accepter signifie donc mener une action volontaire. On souffre, on souffre et puis un jour on n'en peut plus de souffrir alors oui, on se dit qu'on doit faire avec, faire sans plutôt, car c'est bien là la difficulté ; vivre avec un morceau de nous qui n'est plus là. Accepter qu'il ne soit plus prés de nous, accepter que nous ne le verrons pas vieillir comme on ce l'était imaginé. Accepter, c'est déposer les armes et baisser les bras devant la souffrance. Il faut vouloir qu'elle s'en aille cette souffrance qui nous dévore au quotidien et qu'elle ne nous ronge plus. Mais surtout accepter ce n'est pas pour autant oublier, c'est ne garder que le meilleur de la personne, c'est finir par en parler avec un sourire aux lèvres, c'est continuer de la faire vivre un peu parmi nous.





jeudi 24 octobre 2019

QUELQUES VERSETS


Aujourd'hui je vous propose quelques versets de la Bible qui m'ont réconforté quand la douleur était trop lourde…


                             




Psaume 31:10 − Aie pitié de moi, Eternel ! car je suis dans la détresse; J’ai le visage, l’âme et le corps usés par le chagrin.
Psaume 34:19 - L'Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement.
Psaume 147:3 − Il guérit ceux qui ont le coeur brisé, Et il panse leurs blessures.
Psaume 46:2 − Dieu est pour nous un refuge et un appui, Un secours qui ne manque jamais dans la détresse.
Psaume 30:6 – Le soir arrivent les pleurs, Et le matin l’allégresse !
Jean 16:33 − Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.
Proverbes 3:6 − Reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers.
1 Thessaloniciens 4:13 − Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance.
2 Thessaloniciens 2:16,17  − Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, et Dieu notre Père, qui nous a aimés, et qui nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, consolent vos coeurs, et vous affermissent en toute bonne oeuvre et en toute bonne parole !
Esaïe 49:13 – […] Car l’Eternel console son peuple, Il a pitié de ses malheureux.
Jérémie 31:13 – […] Je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai; Je leur donnerai de la joie après leurs chagrins.
2 Corinthiens 1 :3,4 − Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction !
Ecclésiaste 3:1-4 − Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté; un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;  un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser.
Psaume 25:16-18 − Regarde-moi et aie pitié de moi, Car je suis abandonné et malheureux. Les angoisses de mon coeur augmentent ; Tire-moi de ma détresse. Vois ma misère et ma peine, Et pardonne tous mes péchés.
Psaume 23:4 − Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Jean 14:1-3 − Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.
Exode 3:7 − L’Eternel dit : J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, et j’ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs.
1 Samuel 1:15-17 − Anne répondit : Non, mon seigneur, je suis une femme qui souffre en son coeur, et je n’ai bu ni vin ni boisson enivrante; mais je répandais mon âme devant l’Eternel. Ne prends pas ta servante pour une femme pervertie, car c’est l’excès de ma douleur et de mon chagrin qui m’a fait parler jusqu’à présent. Eli reprit la parole, et dit : Va en paix, et que le Dieu d’Israël exauce la prière que tu lui as adressée !
Psaume 22:25 − Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, Et il ne lui cache point sa face; Mais il l’écoute quand il crie à lui.



mardi 6 novembre 2018

7 NOVEMBRE - 10 ANS ! ET DIEU DANS TOUT CA ?!


Éloignée de Dieu à l'époque où est survenue l'épreuve de la perte de mon bébé, j'ai nourri la révolte et la rébellion envers Lui. Les années ont passé, je me suis débattue comme j'ai pu, seule. La traversée a été désastreuse.
Durant ma jeunesse, je m'étais délibérément éloignée de Dieu car j'estimais pouvoir faire ma vie sans Lui et me gérer comme une grande. Quelle perte de temps !
Il m'a fallu plus de 7 années, après la perte de ma fille, pour que je réalise que tout ce que je croyais, tout ce que j'avais bâti, était une erreur monumentale.
Auparavant, je voyais Dieu comme un dogme moralisateur, un super-être inaccessible. Je n'avais pas expérimenté son Amour Inconditionnel qu'il m'offrait gratuitement.
Je n'expliquerai pas ici les expériences qui ont changé mon rapport au Seigneur, ce n'est pas le lieu, néanmoins, c'est ce changement dans ma vie qui m'a permis de vivre ma souffrance différemment dans cette épreuve du deuil. Dieu a soulagé ma douleur, Il a commencé à panser mon cœur quand je l'ai laissé faire. Il a fait envoler ma rage, ma colère, mon amertume et a réconforté mon âme.
J'ai tant résisté, tant pleuré à vouloir Le tenir éloigné de moi. Je Lui en voulais alors qu'Il n'est pas responsable de mon malheur. Je Lui en voulais de ne pas être intervenu dans cette salle d'accouchement mais j'étais injuste. Avais-je le droit de Lui demander quoi que ce soit, moi qui ne voulais pas de Lui dans ma vie ? Dieu ne force pas les hommes. Nous, les humains, sommes bien vite enclin à l'accuser de nos maux alors que nous ne voulons même pas de Lui dans nos vies. Ne sommes-nous pas hypocrites de crier à Lui quand nous souffrons alors que le reste du temps, nous l'avons laissé à la porte de notre cœur. Dieu ne se réjouit pas de notre malheur, au contraire, Il pleure avec nous. Et quand, enfin nous acceptons d'ouvrir notre cœur à sa Grandeur alors Il opère des miracles en nous. 
Je n'aurai JAMAIS imaginé sortir de l'état dans lequel je me trouvais il y a encore peu de temps. Le simple fait de tenir Sa main change TOUT !
Alors, le message que j'ai envie de faire passer à tout ceux qui se trouvent dans cette situation c'est : « Ne perdez pas votre temps à résister ! Ne perdez pas toutes ces années à vivre dans la douleur et la solitude alors que Dieu vous tend la main !  Ne perdez pas le temps que j'ai perdu à ne pas lâcher-prise. Acceptez la nouvelle vie qui s'ouvre à vous ! »





mercredi 12 septembre 2018

A COEUR OUVERT...

Voici plus d'une année que mon livre Résilience est sorti. Je m'arrête un peu pour faire le constat de ce que cette année a apporté. J'avais écrit mon témoignage personnel dans l'espoir de faire bouger un peu les choses et secouer les mentalités sur le deuil périnatal. Il y a eu des rencontres, des réunions, des débats, des évènements qui ont permis de parler de ce si douloureux sujet. Mais au final, je me suis aperçue qu'en dehors des personnes ayant vécu le même drame, "les autres" ne comprennent pas notre vie. Il en ressort lors de mes échanges avec les "paranges" les mêmes émotions, les mêmes ressentis, les mêmes questions, les mêmes douleurs.... La vie n'est plus la même et on en cherche encore un sens. Bref, on se comprend et on se sent toujours autant décalé du reste du monde.
Pour ceux qui on eu la chance de ne pas vivre une telle épreuve, il y a certes, une rapide compassion, une frêle émotion, mais sans comprendre plus que cela la profondeur de la blessure que cela nous a crée. Et c'est tout à fait normal de ne pas se ressentir toute la profondeur d'une telle épreuve quand on ne l'a pas vécu soi-même. C'est comme parler de sa maladie grave avec quelqu'un qui a la santé, ou être confronté à quelqu'un qui a tout perdu et qui a fini dans la rue alors que nous-même nous ne manquons de rien.
Quelque part, tant mieux pour toutes ces personnes de ne pas ressentir et comprendre notre douleur - je ne souhaite cette épreuve à personne - mais au final, je me dis qu'il va être très difficile de changer les mentalités et effacer le tabou.

Aujourd'hui, pour moi, la tendance est plutôt à baisser les bras et me dire que le monde continue de tourner tel qu'on le connaît. A part être présent et avoir une parole appropriée quand notre chemin croise celui d'un parent récemment endeuillé, on ne peut rien. Les associations militent pour une meilleure compréhension des choses et proposent une assistance à tous ces parents malheureux mais en réalité, rien ne bouge encore vraiment. Chacun se débat comme il peut avec ce que la vie lui a donné…

Parallèlement à ce constat, je fais également le point sur ce que le temps a agit sur moi, sur mon couple, sur ma famille depuis ces 10 dernières années. Le temps est long quand on souffre, néanmoins le temps est un peu comme un baume que l'on étale doucement et lentement sur notre cœur. Toutes ces années passées depuis la perte de notre fille a permis de lui faire toute sa place dans notre famille. Elle existe, de manière concrète dans notre quotidien. Bien-sûr, elle n'est pas avec nous physiquement mais toutes les occasions de la vie nous la place parmi nous. Nos enfants ne cessent de la faire vivre. Pour eux, il n'est pas question de dire que nous sommes 4 dans la famille. Ils nous reprennent sévèrement en s'exclamant :
"Mais non, tu sais bien que nous sommes 5 avec Lily !"
Impossible de l'oublier notre poupée ! Je me laisse parfois rêver à ce qu'elle serait aujourd'hui. Elle prendrait bientôt 10 ans, elle fréquenterait la classe du CM2, elle aurait sûrement de longs cheveux blonds, comme ces frère et sœur. Bref, autant de pensées toujours présentes au quotidien. Regarder les photos de sa jolie frimousse nous fait esquisser un léger sourire au lieu des précédents sanglots d'avant.

Oui c'est vrai le temps fait son œuvre mais il faut le vouloir. Il faut se battre tous les jours pour vouloir sortir de cette douleur et regarder la vie différemment. Il faut se donner les moyens de sourire à nouveau pour les autres, pour ses enfants bien vivants et surtout pour soi !









jeudi 9 novembre 2017

MA BIBLIOTHÈQUE 3 : "Philippe" de Camille Laurens


Petit partage du livre Philippe, écrit par Camille Laurens de son vrai nom Laurence Ruel.
Ce récit autobiographique dépeint le drame dont elle et son mari sont victimes lorsqu'ils perdent leur premier enfant en 1994. 
Son enfant, Philippe, n'a vécu que deux heures après sa naissance, à cause d'une série de négligences médicales dues à l'obstétricien.



Le livre est divisé en quatre parties, "Souffrir", "Comprendre", "Vivre" et "Ecrire". En dehors de sa douleur  racontée, l'auteur s'adresse aussi à ceux qui supposent que la perte d'un nouveau-né de deux heures est une sorte de fausse couche tardive qui ne peut occasionner autant de peine que la perte d'un enfant plus âgé. 

"Il y a ceux qui établissent une hiérarchie du malheur : le pire c'est quand même de perdre un enfant, un vrai, une fillette de sept ans ou un fils de vingt ans." - Extrait de Philippe -

Camille Laurens répond: «Peu importe l'âge auquel meurt un enfant: si le passé est court, demain est sans limites. Nous portons le deuil le plus noir, celui du possible. Tous les parents pleurent les mêmes larmes: ils ont des souvenirs d'avenir.»


mardi 7 novembre 2017

LETTRE A MA FILLE !

Aujourd'hui c'est ton anniversaire ! Cela fait neuf ans, neuf années que tu es passée dans ma vie ! Je revois encore ton visage, je ressens encore la douceur de ta peau. Je me souviens de chacun des projets que nous avions formé pour toi, avec toi.
Aujourd'hui j'aime imaginer cette jolie princesse qui aurait grandi. Je te vois avec de grands yeux bleus rieurs, une longue chevelure blonde et une vigueur sans fin.


Je ne saurai jamais à quoi ou à qui tu ressemblerais si tu étais vivante, mais ce que je sais c'est que mon cœur est encore bien triste quand je pense à toi, et ton prénom toujours aussi douloureux à prononcer.
Ma chérie, tu me manques tellement ! C'est comme si je vivais mon quotidien toujours à bout de souffle. Il me manque de l'oxygène. Il manque toi toute entière à ma vie, et même si tes frère et sœur te font vivre en parlant de leur grande sœur, il manque ton petit-être à mon existence.





Je t'aime d'un éternel amour de maman qui cherche encore la réponse à ton absence.

Je t'aime infiniment ma Lily !

lundi 23 octobre 2017

TEXTE DE C.S LEWIS

Aujourd'hui c'est un des textes de C.S Lewis (1898 - 1963) que je souhaite vous partager. Je l'ai découvert dans le livre de Ronald Dunn "Quand le ciel reste silencieux". 




Alors qu'on peut être amené à se poser les mêmes questions que l'auteur quand tout va mal, voici sa réponse :

" Quand je présente ces questions à Dieu, je ne reçois aucune réponse. Ou plutôt, une espèce de réponse en forme de "non". Sa porte n'est pas complètement fermée. Sa réaction prend davantage la forme d'un regard silencieux, certainement pas dépourvu de compassion. Comme s'Il hochait la tête, non pas en signe de refus, mais pour balayer la question et dire ; " du calme, mon enfant, tu ne comprends pas."

dimanche 8 octobre 2017

TEXTE DE GENEVIÈVE DU BLOG "JE SUIS PERSONNE !"


J'avais envie de vous partager les quelques mots d'une maman qui a su si bien mettre des mots sur la douleur de perdre son bébé.

Cofondatrice du blog ""Je Suis Personne", Geneviève nous livre un témoignage magnifique. Son texte "On m'avait dit..." est si émouvant et pourtant si réaliste quant à ce qu'on ressent le jour où notre vie bascule.


Je vous laisse le découvrir...

"Je ne peux pas dire qu’on ne m’avait pas prévenu, on me l’avait bel et bien dit. On m’a répété encore et encore avant d’avoir un enfant que la première fois que je le prendrais dans mes bras changerait ma vie. On me l’a dit, murmuré et soufflé à l’oreille… « Lorsque tu vas voir son visage, tu vas tomber en amour pour le reste de ta vie » .  Je ne peux pas dire le contraire, c’est exactement comme cela que c’est arrivé, mais je dois t’avouer que je t’aimais déjà, depuis le premier instant, depuis le premier moment où tu t’es installé dans mon ventre. Mais il y a ce petit quelque chose de plus qui s’est produit  lorsque mes bras ont entouré ton petit corps. Tu étais beau, tu étais si beau. C’est avec douceur et tout l’amour du monde que je t’ai serré, embrassé, et doucement, si doucement caressé ton visage. Ton papa était là, juste à côté de moi… en fait, j’étais blottie dans ses bras pour pouvoir te prendre et t’accueillir.  Et puis, j’ai visité tout ton petit corps, si parfait, si fragile. Tu étais là, plus tranquille qu’il n’est possible de l’être. Tu étais enfin avec moi, enfin dans mes bras. Tu étais là et je savais que tu y étais pour peu de temps, que mon temps était compté, que tu ne resterais pas.
On m’avait prévenu que ma vie changerait à jamais, mais on ne m’avait pas dit qu’il y avait cette possibilité que cela ne se passe pas comme prévu. On ne m’avait pas prévenu qu’une infirmière allait doucement venir te porter à moi dans une petite couverture chaude, mais que tout ton corps allait être froid. On ne m’avait pas dit que la minuterie allait démarrer dès le moment où j’allais te prendre dans mes bras. On m’avait parlé de tout cet amour que je ressentirais, mais on ne m’avait pas prévenu de la douleur qui pouvait venir avec elle. On m’avait dit que te prendre allait me faire du bien, mais on ne m’avait pas dit à quel point.
On m’avait dit que je couvrirais de mots, de paroles et d’histoires, mais que pouvais-je te dire à toi mon enfant si cher et si désiré. Comment pouvais-je me faire pardonner. « Je t’aime… maman t’aime tellement… tellement ». C’est la voix brisée, le sourire aux lèvres et les yeux dans l’eau que j’embrassais le visage de ton corps inerte. J’étais bien, et pourtant si mal. Ton corps était présent avec moi, mais ton petit cœur n’avait pas le rythme pour faire ouvrir ces beaux petits yeux cachés derrière la mort. Comment est-ce possible d’être confronté à une injustice aussi grande? Comment est-ce possible de vivre un départ aussi tôt. « Je t’aime… je suis désolée… je t’aime… sois assuré que je t’aime… tellement ». Chaque minute qui passe me rapproche et me sépare de toi. Ils viendront te chercher bientôt, j’en suis certaine, et moi je voudrais simplement courir et disparaître avec toi. Je voudrais que ce moment reste à jamais. Je voudrais que ce sentiment de bien-être qui m’habite en posant les yeux sur toi reste au lieu de laisser place à cette douleur qui m’envahira sous peu. Je n’ai que quelques minutes pour te transmettre, te faire parvenir, te faire ressentir tout l’amour qu’une mère peut avoir pour son enfant, tout l’amour que moi je peux avoir pour toi. C’est un sentiment intense que j’espère ne jamais revivre dans ma vie. C’est un sentiment si fort, si lourd et pourtant si beau. C’est de l’amour brut offert dans la douceur et l’urgence du moment. C’est de l’amour en quelques heures, en quelques minutes, en quelques secondes en ta présence.
On m’avait dit que je ne voudrais plus jamais me départir de toi, mais moi, ta maman, je n’ai pas le choix.  Je devrai quitter cet endroit et te laisser derrière. Je devrai reprendre ma vie presque comme si tu n’en avais pas fait partie. On m’avait dit que ma vie allait changer, mais on ne m’avait pas prévenu du tournant qu’elle pouvait prendre. On ne m’avait pas dit qu’un enfant pouvait changer une vie dans la douleur, dans la peur et dans les pleurs. Et pourtant… pourtant je te regarde en ce moment comme s’il n’y avait pas de lendemain. Je glisse doucement à nouveau, encore et encore, mon index sur ton visage comme pour en mémoriser chaque détail. Je te serre, t’embrasse, t’analyse et te cajole. Toi, mon bébé, mon enfant, une partie de moi… laisse-moi garder en mémoire tous ces beaux moments passés ensemble. Laisse-moi garder de toi que le meilleur, le plus beau, le plus doux. Laisse-moi croire que j’aurais pu bien remplir mon rôle, que j’aurai été une maman extraordinaire… que j’aurai été une maman… que je suis et je reste ta maman…
Et puis le temps est arrivé « Je crois qu’on devrait le laisser partir »… j’acquiesce à la demande de ton père sans trop savoir si moi je le peux, si je suis prête… mais non, je ne suis pas prête, je ne serai jamais prête… comment peut-on être prête? Je sais simplement qu’on ne peut garder ton corps éternellement avec nous. Je sais de manière plus que rationnelle que je ne peux te ramener à la maison avec moi. J’acquiesce et je pleure, j’acquiesce et je sens cette douleur arrivée en moi, trop grande pour mon propre corps, trop grande pour la terre entière. Et je te rends à cette infirmière qui t’a apporté à moi quelques instants plus tôt. On dirait que cela n’a fait qu’une seule seconde. Je te rends et te regarde partir, car c’est ce que je dois faire; je te regarde partir en ayant que la chaleur de mes larmes pour me réconforter. Ton papa me serre très fort dans ses bras. Je dois me rendre à l’évidence, la mort a eu raison de ton avenir. Et malgré tout l’amour que ton papa m’offre, malgré tout le soutien et la tendresse et qu’il me donne, mon cœur est brisé en plus de morceaux que je ne connais de chiffres pour compter…"   - Geneviève - 

mardi 3 octobre 2017

15 OCTOBRE, JOURNEE MONDIALE DE SENSIBILISATION AU DEUIL PERINATAL


Le deuil périnatal fait suite à la perte d’un enfant pendant la grossesse ou peu après la naissance. Ce traumatisme important reste encore assez peu pris en compte par les pouvoirs publics et les personnels de santé.



Face à cette tragédie, les parents ont besoin d’une reconnaissance de leur enfant par des actes administratifs entre autres (tels que donner un nom et une existence à leur enfant).



Les associations de parents concernées tentent de médiatiser leur cause pour faire bouger les choses. Cette Journée Mondiale de Sensibilisation au Deuil Périnatal a lieu chaque année le 15 Octobre. C’est le moyen de permettre aux familles de parler de leur histoire sans tabou, de commémorer la mémoire de leurs tous-petits et de faire avancer les choses à l’occasion de certaines manifestations.

Manifestations du 15 Octobre 2017

 Comme chaque année, une thématique particulière est abordée. Cette année, la journée du 15 Octobre 2017 met l’accent sur la « Résilience ». Se reconstruire après la perte d’un enfant est une véritable épreuve. C’est pourquoi libérer la parole permet d’avancer dans son processus de deuil. L’accompagnement de l’entourage et des équipes médicales est aussi une aide précieuse  pour permettre l’apaisement et la résilience.

dimanche 9 juillet 2017

POURQUOI L'EPREUVE ? COMMENT LA SURMONTER ?


Parfois la vie nous réserve certaines épreuves. Inévitablement on se demande pourquoi ? Pourquoi cette épreuve ? Pourquoi à moi ? Pourquoi à ce moment précis ? Comment vais-je m’en sortir ? …

Chaque année des millions d’individus font face à l’épreuve et pour en sortir ils se dirigent vers psychologues, psychiatres, pasteurs et autres conseillers pour tenter de comprendre pourquoi cela leur est arrivé. Tous essaient de trouver un réconfort et surtout un sens à tout ça. Parfois, l’individu éprouvé se tourne vers l’alcool, la drogue, le jeu ou se jette à corps perdu dans le travail pour tenter d’oublier un peu son malheur ou fuir sa nouvelle situation.
Il arrive même qu’on remette tout en cause, qu’un profond changement s’installe en nous.



Mais ce qu’il faut aussi savoir, c’est que ces épreuves permettent de révéler notre potentiel présent en nous, cette force d’avancer que nous ne soupçonnions pas. Nous possédons un infini de propriétés qui nous permettent d’affronter ces épreuves pour préserver notre équilibre. Bien qu’inattendues, brutales, déstabilisantes et indésirables, les épreuves peuvent apporter une capacité accrue à gérer les changements. Se retrouver dans la spirale de l’épreuve nous oblige à faire appel à notre créativité pour en sortir, à dénicher toutes nos forces intérieures pour relever la tête.

Il faut comprendre que l’épreuve nous fait sortir de notre zone de confort et aussi difficile soit-elle, l’épreuve nous oblige à la considérer comme un événement qui peut être source de changements positifs. On prend alors conscience de nouvelles valeurs.

Plus concrètement, sortir de l’épreuve consiste à relativiser les choses. Sortir victorieux d’une épreuve dépend de l’attitude qu’on adopte et des réserves qu’on mobilise pour en sortir. Pour y parvenir, il faut savoir faire confiance en ses ressources intérieures et surtout penser que ce temps d’épreuve est temporaire. Croire en l’avenir est primordial pour être capable de traverser cela.



Tant que l’on résiste au changement, les difficultés d’adaptation se révèlent ; anxiété, découragement, addiction, dépression… Ces résultats sont normaux, par ailleurs, il ne faut pas y rester sans réagir. Ne pas se laisser sombrer, accepter que la situation ne sera plus jamais la même, trouver les outils qui nous permettrons de sortir de cet état et en sortir plus fort. N’oublions pas, nous avons toutes les forces en nous, il faut aller les puiser.

L’après-épreuve est une période qui nécessite un retour à l’équilibre, une reconstruction complète de soi. Cette période de cicatrisation permet d’analyser l’expérience que vous venez de vivre et en tirer des leçons.

A la question « pourquoi », « pourquoi cela m’est-il arrivé à moi ? », « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? William Miller exprime dans son livre Quand perdre pied vous maintient debout :

« Le besoin de réponse est si fort que si nous ne trouvons pas une réponse, une raison ou une explication concrète, nous en créerons ou en fabriquerons une nous-mêmes. Elle n’aura peut-être pas beaucoup de sens aux yeux des observateurs objectifs, mais elle satisfera notre besoin. Ces réponses que nous fabriquons satisfont le besoin d‘expliquer et rendent l’acceptation de la perte plus supportable. »



C’est vrai, pour avancer dans notre cheminement, il nous faut trouver des réponses, à défaut on essai de donner un sens à tout ça. Et si l’épreuve nous change inévitablement sur tous les plans, face à l’absence de réponse, essayons de trouver ce qu’on peut tirer de positif de cette épreuve.